Cent Mille Milliards de Queneau à la Maison du Livre

zazie

Vernissage le 12 novembre à 18h30

L’exposition est visible : du 13 novembre 2009 au 31 janvier 2010

les mercredis de 14h à 19h, les jeudis et vendredis de 14h à 17h

et les samedis de 10h à 13h ou sur rendez-vous.

Entrée libre.

Raymond Queneau, né au Havre le 21 février 1903, est considéré aujourd’hui comme un des grands auteurs français du vingtième siècle.

Personnage fascinant aux multiples facettes et en perpétuel questionnement, il fut simultanément – ou presque – romancier, poète, mathématicien, traducteur, philosophe, peintre, directeur éditorial, humoriste, scénariste, chansonnier, académicien, critique, satrape.

Il joua un rôle essentiel dans plusieurs mouvements intellectuels et littéraires. En 1924, Raymond Queneau rencontra le chef de file des surréalistes, André Breton, et s’engagea corps et âme dans le mouvement. Il y rencontra aussi sa future femme Janine, belle-soeur de Breton, avec lequel il se brouillera irrémédiablement en 1929.

En 1933, son premier roman : Le Chiendent, sera couronné par le « Prix des Deux Magots. »

En 1938 il entre aux éditions Gallimard comme lecteur et traducteur d’anglais. Trois ans plus tard il y sera nommé secrétaire général.

À la Libération, il fréquente Saint-Germain-des- Prés, en compagnie de son ami Boris Vian. Exercices de style (1947), son premier grand succès public, est un livre singulier qui raconte 99 fois la même histoire, de 99 façons différentes. La même année, il publie On est toujours trop bon avec les femmes sous le pseudonyme de Sally Mara.

Son poème C’est bien connu est, à l’initiative de Jean-Paul Sartre, repris par Juliette Greco sous le titre Si tu t’imagines et, mis en musique par Joseph Kosma, devient le tube de l’année 1949. D’autres de ses textes sont inerprétés par les Frères Jacques. Il rejoint le Collège de ‘Pataphysique en 1950. En 1954, Gaston Gallimard lui confie la direction éditoriale de l’Encyclopédie de la Pléiade.

En 1959, il connait la consécration grâce à Zazie dans le Métro, adapté par Louis Malle pour le grand écran.

Lors de la réunion du 17 avril 1961, le président de séance du Collège de ‘Pataphysique, Raymond Queneau, Transcendant Satrape et Grand Conservateur de l’Ordre de la Gidouille, annonce avec François Le Lionnais la mise en chantier d’un Dossier du Collège consacré à l’OuLiPo : Ouvroir de Littérature Potentielle. C’est au cours de cette séance qu’il définira les oulipiens comme des « rats qui ont à construire le labyrinthe dont ils se proposent de sortir. »

En 1976, Raymond Queneau meurt à Paris à 73 ans.

La galaxie Queneau

L’exposition, conçue comme un parcours chronologique et thématique, nous propose de découvrir un peu de la galaxie Queneau, de faire un bout de chemin en sa compagnie, de rire et de réfléchir aux côtés de cet esprit curieux et inquiet.

Nous accorderons une large place à ses rapports avec les peintres et la peinture, qu’il pratiqua lui-même assidument surtout dans les années 1946-1948. Un choix de gouaches et d’huiles provenant du Centre de Documentation Raymond Queneau de Verviers seront ainsi exposées pour la première fois depuis bien longtemps.

Queneau entretint de nombreux rapports avec le cinéma ; il fut scénariste et acteur, et se servit également de l’écriture cinématographique dans nombres de ses écrits. Notre partenariat avec la Cinematek nous permettra de voir ou revoir Zazie dans le métro, Le dimanche de la vie ou encore Landru (dans lequel Queneau apparaît sous les traits de Clémenceau). Mais aussi des courts-métrages, tels Arithmétique à l’humour absurde et pince-sans-rire et l’étrange documentaire Le Chant du styrène, réalisé par Alain Resnais.

Nous vous présenterons également la « Machine-à-Lire les Cent mille milliards de poèmes » de Robert Kayser. Ce petit ouvrage publié en 1961 chez Gallimard permet à tout un chacun, selon les mots mêmes de Queneau dans sa préface, de « composer à volonté cent mille milliards de sonnets, tous réguliers bien entendu. C’est somme toute une sorte de machine à fabriquer des poèmes, mais en nombre limité ; il est vrai que ce nombre, quoique limité, fournit de la lecture pour près de deux cents millions d’années (en lisant vingt-quatre heures sur vingt-quatre). »

Mon M3 est lui aussi une « Machine-à-lire » la combinatoire : il propose au regard les cent mille milliards de possibles sonnets : il suffit à chacun, à sont rythme et en se déplaçant autour de la sculpture, de lire successivement n’importe quel premier alexandrin, ensuite n’importe quel deuxième, et troisième, etc.
La totalité est présente là
. R.K.

Queneau a souvent été considéré comme un auteur drôle, mais pour qui fait l’effort de lire un peu entre les lignes il y a aussi la poésie, la philosophie, la métaphysique. A travers les écrits et les citations, les manuscrits et les correspondances – notamment avec André Blavier – on découvrira aussi l’homme dans ses dimensions intimes et tourmentées.

Queneau, c’est aussi la belle époque de Saint- Germain-des-Prés ; il a connu Boris Vian, Sartre, Bataille, Miró, Picasso, Gréco… Nous les rencontrerons aussi, au fil d’affiches et de photos originales.

Et pour le reste ? Des éditions rares, des documents inédits. Des dessins, des peintures. Et des livres, des adaptations, des BD, dans toutes les langues et de tous les continents.

Des conférences, rencontres musicales et théâtrales, des tables rondes et ateliers d’écriture, seront organisés durant les deux mois et demi d’exposition, ainsi qu’un petit festival centré sur les rapports de Raymond Queneau avec le cinéma.

Cet événement est organisé par la Maison du Livre, à l’initiative et sous la direction de Christian Hublau. Nous n’aurions pu le mener à bien sans le soutien, les conseils, le partenariat et les contributions de nombreuses personnes et associations, parmi lesquelles nous remercions tout particulièrement :

Jean-Michel Pochet, Jean-Marie Klinkenberg, Andrée Blavier et Guy Jungblut, Suzanne Bagoly (Centre de Documentation Raymond Queneau de Verviers), Bob Vanantwerpen (Galerie Utopia à Damme-Sijsele), Tonie de Waele et Laurent De Maertelaer (la Cinematek), Robert Kayser, Marie-Claude Cherqui, Florence Géhéniau, le Dr Lichic et Bertrand Sassoye (l’OuBreCPo), Karel Logist, Henry Landroit, et nos collègues de la Bibliothèque communale de Saint-Gilles. Merci à tous ceux qui nous ont accompagnés sur ce chemin et bienvenue à ceux, qui sait, qui nous rejoindront peut-être encore d’ici le 31 janvier pour approfondir cette belle aventure !

Un catalogue non exhaustif de l’exposition sera disponible dans le courant du mois de novembre, conçu, réalisé et imprimé en partenariat avec la Revue Indications et les éditions l’Arbre à Paroles.

Les tourterelles (lecture Françoise ; tourterelles Christian)

Juliette Greco, Si tu t’imagines

Il pleut

vidéo : Zazie dans le métro (extraits)

vidéo : A comme Arithmétique

vidéo : Edition polonaise des « Cent mille milliards de poèmes »

L’art po (ORTF , 1965)